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10-03-2010

Vagues en roulis

Fond : Bach Klavierwerke/Kempff Menuett g moll (sol mineur) 23 Händel


Vagues et vaguelettes 01
envoyé par Orphil.

Fond : Nzomba Dances And Songs 3 (Aka Pygmies)

 
La pluie la pluie la pluie
envoyé par Orphil.

 

...Vagues et vaguelettes... courant de l’austral alizé, roulent des hanches, —pour qui sait y faire en mélodie d’écume, immaculée...

Où les alizés doux les incitent au ballet de l’Esprit d’ici-bas...la dernière java de la vague avant de se fondre à jamais au plus profond de l’au-delà...

malgré les sables mouvants qui vivent de ci de là ; moere, ou renaître à jamais...

Au gré des marées

Au gré des marées immuables dans la durée.

Au gré des effilades de l’austral alizé...

Au gré des galets, du môle —en pierre de grès.

A la digue où voltigent les grains de sable...

A la digue ou vertige des grains de sable !

Une gigue ou voltige des grains de sable.

Les grains de sable ne se ressemblent pas ; ils lévitent dans le même tourbillon de vent au gré de l’austral alizé...

—Si le beau c’est déjà dans le cœur d’une vaguelette, et son collier d’écume scintille à la grève d’opale...

Si la vie la destine au rivage...

Si pour elle s’achève le périple en dedans les plaines d’argent des lames d’écume, s’ébauche son ultime ballet en dentelle d’ombre éphémère... Et même l’Hadès s’arrête pour la contempler.

Elle danse la vague, elle danse à la lune !

Elle danse pour l’Esprit, au seuil de la dune dorée...

En escalede son rêve éphémère...

  Immuable dans sa durée,

Elle, dans son rassemblement de gouttelettes à la grève d’opale, elle danse !

En escale de son rêve éphémère...

oh oui !

Les plaines riches en terre arable aux abords de cet estuaire. Le fleuve et ses trois affluents, crépite comme cœur qui bat, et tant pis si elle sait plus d’où vient le vent, mama Lucy... Elle est face à l’Esprit  —telle frégate gréée, dans la brume et les vagu’ en roulis...

    Devant : Nérée , Pontos et Poséidon , le tonnerre gronde !

Derrière, c’est abîme sur abîmes jusqu’au fond du Chaos et nébuleux Tartare.

Son ultime ballet d’aqua par de là le Chaos ...

Qu’elle soit vague ou vaguelette ou goutte de pluie...

C’est abîme sur abîmes jusqu’au fond du Tartare et Chaos.

C’est abîme sur abîmes jusqu’au bout du Chaos.

       C’est abîme de la voûte de grès, aux miettes de gouttes de verre des plages de l’au-delà de la dune dorée ; et c’est pourtant  l’essor d’une existence de vie crépitante comme cœur qui bat, comme vivante boue au sein de la terre arable qui Dieu merci existe pour que vive la vie !

La vie coule comme une source folle, d’abord comme un fin ruisselet, qui rit,

loin des lames d’écume et poursuit son périple au-delà des fertiles moeres...

A travers l’opacité de la voûte de grés, céleste —lâche du lest par delà les voiles de la voie lactée.

Par ici la vie ! Par ici la vie ! Par ici la vie qui coule douce... au gré du chant de l’austral alizé qui nous pousse vers une toute autre vie ou façon de la vivre...

Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...

Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...

Vol d’Icare idoine aux plumes des menus colibris ; son vol de nuit  m’attire et m’enivre,  loin de l’amarre du bruit, puis se poursuit bien au-delà des rêves enfouis depuis la nuit des temps, qu’il n’était plus permis de s’en remettre à sWinguer au gré de la pierre de grès, mais se laisser couler des escarpés mâchicoulis-belvédères...

Son vieux masque 

était  devenu

            Errance aux couloirs de vent, dévie le fleuve et ses trois affluents, vers une toute autre vie ;

un visage.

je sais que d’ici quelques secondes, le monde sera meilleur de par ces notes qui déferlent en chœur d’albatros, idoine au vol des menus colibris

            qui volètent dessus la colonnade parsemée de myriades d’étoiles,, comme de la poussière d’or, qui floconne dans la caboche  du conteur des abords du fleuve de l’Oubangui...

Le souffle de l’Esprit.

LA PLUIE     LA PLUIE     LA PLUIE

De la voûte illuminée d’étoiles, sous la lune où

l’océan de ses vagues d’argent, mouille le môle...

Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...

Goutte d’eau dedans la terre arable, aussi vit la boue.

 

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Les Poëtes de 7 ans (Arthur Rimbaud)


Les poëtes de 7 ans
envoyé par Orphil.

Et la mère fermant le livre du devoir,

S’en allait satisfaite et très fière, sans voir,

dans les yeux bleus et sous le front plein d’éminences,

l’âme de son enfant livrée aux répugnances.

 

Tout le jour il suait d’obéissance ; très

Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits,

Semblaient prouver en lui d’âcres hypocrisies.

Dans l’ombre des couloirs aux tentures moisies,

En passant il tirait la langue, les deux poings

A l’aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.

Une porte s’ouvrait sur le soir : à la lampe

On le voyait là-haut, qui râlait sur la rampe,

Sous un golfe de jour pendant du toit. L’été

Surtout vaincu, stupide, il était entêté

A se renfermer dans la fraîcheur des latrines :

Il pensait là, tranquille, et livrant ses narines.

Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinet

Derrière la maison, en hiver, s’illunait,

Gisant au pied d’un mur, enterré dans la Marne

Et pour des visions écrasant son oeil darne,

Il écoutait grouiller les galeux espaliers.

Pitié ! Ces enfants seuls étaient ses familiers

Qui, chétifs, fronts nus, oeil déteignant sur la joue,

cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boue

Sous des habits puant la foire et tout vieillots,

Conversaient avec la douceur des idiots !

Et si, l’ayant surpris à des pitiés immondes,

Sa mère s’effrayait ; les tendresses profondes,

De l’enfant se jetaient sur cet étonnement,

C’était bon. Elle avait le bleu regard -qui ment !

A sept ans, il faisait des romans sur la vie

Du grand désert, où luit la liberté ravie,

Forêt, soleil, rives, savanes ! -Il s’aidait

De journaux illustrés où, rouge, il regardait

Des Espagnoles rire et des Italiennes.

Quand venait l’œil brun, folle, en robes d’indiennes,

-Huit ans,- la fille des ouvriers d’à côté,

La petite brutale, et qu’elle avait sauté,

Dans un coin, sur son dos en secouant ses tresses,

Et qu’il était sous elle, il lui mordait les fesses,

Car elle ne portait jamais de pantalon ;

-Et, par elle meurtri des poings et des talons,

Remportait des saveurs de sa peau dans sa chambre.

 

Il craignait les blafards dimanches de décembre,

Où pommadé, sur un guéridon d’acajou,

Il lisait une Bible à la tranche vert chou ;

Des rêves l’oppressaient chaque nuit dans l’alcôve.

Il n’aimait pas Dieu ; mais les hommes qu’au soir fauve,

Noirs, en blouse, il voyait rentrer dans le faubourg

Où les crieurs, en trois roulements de tambour,

Font autour des édits rire et gronder les foules.

Il rêvait la prairie amoureuse, où des houles

Lumineuses, parfums sains, pubescence d’or,

Font leur remuement calme et prennent leur essor !

 

Et comme il savourait surtout les sombres choses,

Quand dans la chambre nue aux persiennes closes,

Haute et bleue, âcrement prise d’humidité,

Il lisait son roman sans cesse médité :

Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,

De fleurs de chair aux bois sidérals déployées,

Vertige, écroulements, déroutes et pitié !

Tandis que se faisait la rumeur du quartier,

En bas, -seul, et couché sur des pièces de toile

Ecrue, et pressentant violemment la voile !

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