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05-07-2009

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Les Sirènes du Mississipi (extrait)

(...)

TRAVERSER
L’ORENOC
TRAVERSER
L’AUTRE CÔTE
TRAVERS...
VA VERS
TA VOIE...
 
            Puisque le rêve éphémère en escale dans son immuable durée, incite l’être à agir sans   jamais rien attendre en retour, si ce n’est les effluves et caresses du vent...
Quand la lune... 
Quand la force obscure dans la lune atteint sa plénitude, au moment même où elle parvient à son apogée, quand elle est majestueuse sous la voûte de jais où scintillent les étoiles,, dés le moment précis où elle a rassemblé la totalité de son être et qu’elle n’a pas son pareil pour être ronde et fière, en face de son soleil sitôt cette seconde, elle commence à décroître, jusqu’à n’être plus qu’une sombre tâche dans le noir de la voûte de jais. Une forme obscure, voilée dans l’ébène  du nébuleux cosmos... avant, dans son immuable durée,  de renaître... à jamais !
  
Et toi-même, scintillante étoile, astre qui brille dans le lointain... Tu es peut-être mort depuis une éternité, sans que nous le sachions... Nous qui sommes des résidus, des cendres, des fragments de toi !
—Toi qui es encore présent !  
 
Travers de destin
 
d’astre, grain de poussière...
 
va vers son destin
 
de voler dans les airs !
  
 
D’est, Un d’attester
 
que les grains éphémères
 
sont astres légers
 
sous la voûte solaire.
  
Laisse l’Esprit d’ici
Va voir par ici...
t’emporter là... 
Laisse-toi roucouler des
Va voir l’aut’ côté...
rochers escarpés, 
Falaises et des Mâchicoulis
Des astres   si...
T’emporter  là,au gré des courants d’alizé... 
Courant des gués
Les cristaux de l’eau
du fleuve au gré des
les retiennent à la rive,
courants d’alizé...
deviennent gouttes d’eau
Laisse l’Esprit d’ici
qui partent à la dérive...
t’emporter là...
—De l’aut’ côté !
  VA, 
VA DROIT VERS TA  VOIE !
et tant de risques encore
VA DROIT VERS TA  VOIE !
que j’ignore, ou feins d’ignorer, mais tant pis !
VA DROIT VERS TA VOIE !
Mon ami, il faut que je te dise :
VA VERS   TA  VOIE !
tout n’ira pas sans quelques tracas...
VA VERS   TA  VOIE !
VA-Z-Y ! Laisse-toi couler des escarpés mâchicoulis !
VA VERS   TA  VOIE !
VA-Z-Y ! Laisse venir l’humeur de la liberté...
VA VERS   TA  VOIE !
VA-Z-Y ! Porque... Porque no !
VA VERS   TA  VOIE !
Va-z-y ! Va là-bas !... Porque no !
 
Va-z-y ! Là ! Va-z-y ! 
 
Va-z-y ! Pour que les fleurs revivent... –racines en l’air–,Dans son chant des sirènes aux abords de cet estuaire...
  
 
VA LÀ, dans la lumière nocturne où te poussent tes pas...
 
VA LÀ, dans la noirceur du jour, sur le pas de tes ailes...
 

VA LÀ, vers les champs d’énergie  qui dépendent du ciel...

 
VA LÀ, il y a tant à connaître au fond de toi...
 
VA LÀ, dans le silence de toi-même !
 
VA LÀ, de l’autre côté.
  
Regarde tes pattes palmées comme elles s’embourbent dans la vie !
 
Ton plumage est  devenu du même gris que le gris des nuages ! Tu ressembleras bientôt à la poule d’eau du père Nikos : “Mieux vaut poule d’eau qui nage que moineau dans sa cage !” Disait-il, alors va, go !  
 
Va droit  dans l’azur au gré de l’austral inconnu !
  
 
Va au gré de la palette irisée, toile de l’univers...
 
Va au gré des cristaux de l’air et volutes du vent..
 
Va courant des effilades d’idéal alizé en dedans ce monde
 
enfoui depuis dix millénaires.
 
Va droit dans les airs !

VA DROIT  VERS  TA  VOIE !

Prends-toi l’essor de la liberté,  au gré des falaises des escarpés mâchicoulis belvédères !
VA                  DROIT   
   Vas-y !                                                           vers ta voie !

VA DROIT  VERS  TA  VOIE !

Laisse l’Esprit t’emporter courant des volutes du vent ! Pour qui sait y faire en astral périple imaginaire...
 
« Un oiseau solitaire doit remplir cinq conditions :
  
 
D’abord voler au plus haut ;
ensuite ne point tolérer de compagnie,
 
Même celle des siens ;
 
puis pointer le bec vers les cieux,
 
Et ne pas avoir de couleur définie ;
 
 Et puis alors... chanter tout doucement... »
  
 
Mouvement des ailes en vol...
 
Filaments de lumière
 
lucioles de l’âme en
 
diagonales traverses
 
gorgées de conscience.
 
La bouche ouverte,
 
Le bec à la renverse,
 
en quête du Ne-pas-faire
 
de voler dans les airs...
 
Voyage immobile !
 
Merveilleux périple du lit
 
de ficelles au lieu de prédilection...
 
Les ailes en direction sud est.
 
Et chanter, chanter
 
tout doucement.
 
Que s’ouvre
 
la voie au gré de l’alizé ;
 
Sans couleur bien définie
 
ni point de compagnie
 
—pas même celle des siens !
 
Courant du lien qui
 
nous unit à l’Esprit
 
qui, de l’aurore à l’aube qui suit,
 
maintient le monde,
 
des plus hautes montagnes
 
aux fleuves dorés...
 
Jusqu’aux océans,
 
la vaguelette et l’astre éphémère, le vent
 
qui nous hisse des ailes,
 
des falaises en pierre de grès
 
vers son altesse, rouge carmin,
 
s’éveillant au levant.
  
 
Je suis un grain de poussière...
 
Mais je suis !
 
I ! J’existe !
 
Et si c’est pour finir par mourir,
 
que ce soit en guerrier qui résiste,
 
en grain du sable au gré du vent...
 
Oui, j’aime tellement mieux mourir
 
VIVANT !
 
Que la mort me tape sur l’épaule gauche afin de me pousser au lieu de prédilection. Par de là le Chaos de l’antre du néant... Que je danse tant que je vis, que mes ailes me portent !
 
puis, frôlent les vagues en roulis !
  
 
Que la houle me soûle !
 
—sous l’écume qui crépite en coulis de nuage !
 
Pour que mon cœur d’ermite
 
existe !
VA VERS  TA  MORT
Et saccadé, volette Apollon-Silène, dans l’azur égéen
 
La femme Nagual aux mille reflets comme
VA VERS  TA  MORT
Des filaments d’or.
 
Tous les combats qu’on a gagnés, entremêlés de nos défaites,
 
sont les postures des mouvements de la danse, de la dernière résistance du guerrier —qui, de son Esprit impeccable, récapitule.
 
Ses gestes racontent ses peines, mais également sa joie...
 
Incommensurable lorsque devant l’astre en éveil,
 
il s’est émerveillé...
 
saccades de flux qui ondule...
 
—Sa dernière occasion de se réjouir ! 
 
Alors sa mort lui montrera le sud... L’immensité.
 
Et sa prairie tremblera quand il regardera le soleil...
C’est pas Dieu qui punit
Car jamais plus, éveillé ou rêvant, il ne le reverra.
l’arbre avec l’hiver... 
C’est pas Dieu qui
Travers de destin
le récompense
d’astre, grain de poussière...
au printemps...
va vers son destin
C’est l’Esprit
de voler dans les airs !
qui veille à
D’est, Un d’attester
ce que dans chaque
que les grains éphémères
âme de pauvre hère
sont astres légers
erre, la continuité...
sous la voûte solaire.
de son rêve éphémère. 
Compte pas sur moi
 
pour respecter les règles.
 
Car je m’en vais de ce pas
 
vous conter l’histoire de ce conteur,
 
et jour de marché...
 
Il se nomme :« MOINEAU » !
 
Il commence par ôter son chapeau,
 
le fait tournoyer dans les airs, en regardant vers l’est,
 
puis de le poser délicatement  par terre, en veillant à lui faire faire un tour circulaire à trois cent soixante
 
degrés, dans le sens inverse des aiguilles de la montre
 
Pour signifier que c’est l’Esprit qui, seul, mène la danse.
...D’après les dates
Il s’adresse à la populace en délire, en ces termes concis :
mémorables
« Señora, Señorita, Señor
Calixto Muni
¡ Voici la véridique histoire de Calixto Muni
fut trahi.
le rédempteur ! ¡ Il a libéré sa ville de Sonora !
Il a été
(du naze conquistador...)
arrêté... Livré
 ¡ Plus de haine, plus de profit ! ¡ Seulement, la joie ! ¡ Plus que la vie !
aux bourreaux...
Plus de viol, plus de meurtre, juste des hommes qui se respectent.
Il fut écartelé
Plus de pillage systématique de nos richesses.
entre quatre chevaux.
¡ Gloire à Calixto Muni !
Ils ont  jeté
Jette bien ce que je vais te dire au fond de ton Esprit, l’ami :
ses restes aux
l’homme est seul maître de sa destinée. 
chiens errants
Toi, tu dis qu’il est mort... Mais moi je te le dis :
Pour qu’il n’ait point
¡ En vérité, Calixto Muni vit ! »
de sépulture... Comme si jamais il n’avait existé.
Son but a transcendé
Et pourtant...Pourtant...
sa propre personne.
De l’autre côté, au gré de la rive...
Lorsque résonnent en nous 
Du saut périlleux dans l’inimaginable...
Les sirènes de de l’autre côté...
Au gré de la rive où siègent les sirènes...
Va VOIR l’aut’ côté ! Va VOIR l’aut’ côté !
Lorsque les sirènes résonnent  en nous
Va VOIR l’aut’ côté ! Va VOIR l’aut’ côté !

Lorsque les sirènes du Mississipi résonnent en nous...

De l’autre côté du fleuve doré, tout deviendra possible !

Sitôt qu’on le désire, on cultivera l’intention

qui pousse en nous, maîtresse de la raison.

Comme une fleur ouverte au gré de la rive...

Lorsque les sirènes du Mississipi résonnent en nous...

Herbes errantes et fleurs en liberté, nous pousseront en paix...

Sitôt qu’on le désire, on cultivera l’intention

qui traque en nous, maîtresse de la raison.

(...)

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